Le biais de groupe, également connu sous le nom de conformisme, est un biais cognitif qui pousse les individus à adopter les opinions, comportements ou décisions d’un groupe, souvent pour éviter de se démarquer ou de provoquer un désaccord. Cela peut conduire à une uniformité des idées, même si celles-ci sont erronées ou sous-optimales.


Exemple :

Lors d’une réunion d’équipe, si la majorité est d’accord avec une décision, un membre qui a une opinion différente peut choisir de se taire ou de se conformer, même s’il estime que la décision prise est incorrecte ou risquée.


Impact du biais de groupe sur un manager ou un chef de projet :

  1. Décisions inefficaces :
    Les équipes peuvent aboutir à des choix qui ne sont pas optimaux parce que les membres ne remettent pas en question l’opinion dominante.
  2. Manque d’innovation :
    En cherchant à éviter le conflit ou à s’aligner sur le groupe, les idées originales ou créatives peuvent être ignorées ou non exprimées.
  3. Risque de pensée de groupe (groupthink) :
    Ce phénomène se produit lorsque le désir d’harmonie au sein d’un groupe l’emporte sur une analyse critique, ce qui peut mener à des erreurs collectives.
  4. Perte de voix individuelle :
    Les talents, expériences ou perspectives uniques des membres de l’équipe peuvent être négligés, car ceux-ci préfèrent s’aligner sur le groupe.
  5. Sous-estimation des risques :
    Dans un groupe, certaines personnes peuvent sous-estimer ou ignorer les signaux d’alerte, pensant que “si tout le monde est d’accord, c’est forcément la bonne décision”.

Comment contrer ce biais en gestion ?

  1. Encourager la diversité des opinions :
    Créer un environnement où les membres se sentent à l’aise pour exprimer des idées divergentes ou remettre en question les décisions majoritaires.
  2. Désigner un “avocat du diable” :
    Lors des réunions, assigner à une personne le rôle de contester ou de questionner systématiquement les décisions pour s’assurer qu’elles sont bien fondées.
  3. Favoriser les consultations individuelles :
    Recueillir les opinions des membres de l’équipe individuellement avant une discussion de groupe pour éviter l’influence immédiate du conformisme.
  4. Analyser les risques de la décision collective :
    Intégrer des exercices de gestion des risques ou des analyses d’impact pour évaluer si la décision du groupe est rationnelle et solide.
  5. Former aux biais cognitifs :
    Sensibiliser les membres de l’équipe et les managers aux dangers du conformisme pour leur permettre de l’identifier et de le limiter.
  6. Valoriser les opinions minoritaires :
    Insister sur l’importance des perspectives alternatives, même si elles proviennent d’un ou deux individus seulement.

Application concrète :

Dans un projet, si la majorité de l’équipe veut adopter une méthode de travail spécifique, mais un membre estime qu’une autre approche serait plus efficace, le biais de groupe peut l’empêcher de s’exprimer. Un bon chef de projet pourrait intervenir en demandant explicitement à chaque membre de donner son point de vue avant de prendre une décision.


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